FingCamp, 29/9/2007 - Atelier "SeniorLab" - Compte-rendu
Animateurs : Renaud Francou, Daniel Kaplan, Jacques-François Marchandise
SeniorLab sera vraisemblablement le prochain "Programme d'action" majeur de la Fing, à compter du début 2008.
Cet atelier avait pour objectif d'échanger sur les enjeux, les questions à poser, les pistes d'innovation... et plus généralement, les facteurs de succès d'un tel programme : comment il résonne avec les actions et les priorités des acteurs, comment il donne envie d'y prendre part.
Quelques priorités thématiques identifiées
- Aborder les choses à la fois sous l'angle
- des personnes âgées (et de ceux qui s'adressent à elles) : besoins, pratiques, attentes, etc.
- et d'une société dans laquelle la moyenne d'âge, mais aussi les écarts d'âge, augmentent rapidement : évolution des valeurs, transmission du pouvoir, relations intergénérationnelles... Le rôle des technologies dans l'intégration intergénérationnelle est potentiellement important, de plusieurs manières : enseignement des TIC aux grands-parents par les petits-enfants ; dispositifs de communication entre membres de familles éclatées, et au sein de communautés de tous âges ; capitalisation d'expertise, etc.
- La transition entre "âge actif" et "3e âge" est une question essentielle :
- Parce qu'elle deviendra vraisemblablement de moins en moins nette, mais que cela suppose d'imaginer des manières d'organiser des transitions longues, des modes de travail adaptés, etc.
- Parce que se pose la question du transfert d'expertise des vieux vers les jeunes, dans les organisations notamment. Un participant imagine des "sociétés de capital-vieux", qui "font la sortie des entreprises" pour recruter des jeunes retraités capables de transférer leur expertise... ou bien plutôt leur expérience, puisqu'on fait remarquer que les connaissances, notamment techniques, subissent une obsolescence rapide ? cf. recyclage des opérateurs de centrales à ADF, des conducteurs de TGV à la SNCF.
- L'activité croissante de seniors plus en forme et dont l'espérance de vie en bonne santé croît, pose la question de la mesure de la valeur de cette activité : le PIB n'en rend souvent pas compte (beaucoup d'activités bénévoles et associatives notamment), or cela deviendra une composante de plus en plus importante du bien-être global. Noter que cette question concerne tous ceux qui créent de la richesse "autrement" (mères de famille, développeurs de logiciels "libres"...).
- Il s'agit donc d'aller bien au-delà des personnes âgées comme "segment(s)", même si cette dimension existe également :
- Besoins et attentes spécifiques des personnes âgées, différenciés sans doute non pas seulement par classe d'âge (3e, 4e âge), mais selon d'autres critères à définir.
- S'intéresser peut-être plus particulièrement au "4e âge", qui n'est plus synonyme de dépendance, mais qui a sans doute des besoins et un rapport à la technique assez différent. Réfléchir au réel potentiel des technologies émergentes (plutôt que celles d'aujourd'hui) au service de l'autonomie ainsi que du maintien en relation (et à domicile)
- S'intéresser entre autres aux déficiences et aux dépendances - sachant que ces sujets concernent également toutes les générations, via le design notamment.
- Inclure, donc, sans s'y limiter, la dimension de l'assistance et de la santé
- Y ajouter l'évolution des environnements de vie
- La question n'est ou ne sera vite plus celle de l'apprentissage basique des TIC par les personnes âgées, mais plutôt celle de l'évolution de cet apprentissage : intégration des technologies qui évoluent, aporopriation ou non de pratiques (par exemple la "culture du réseau" qui est culturellement peu présente dans les générations plus âgées, du moins aujourd'hui).
- Le sujet est par nature assez proche de ceux qui touchent à "l'amélioration de l'humain". L'augmentation de la durée de la vie en bonne santé, les médicaments préventifs, etc., dont partie d'une panoplie que d'autres voient, en allant beaucoup plus loin, transformer l'humain pour, par exemple, atteindre des âges beaucoup plus avancés sans perte de capacités physiques, sensorielles ou mémorielles.
Question associée : santé mise à part, peut-on rester ouvert et créatif au-delà d'un certain âge ou sommes-nous, augmentés ou non, presque tous condamnés à devenir des "vieux cons" - ou est-ce que cela aussi se soigne ?
Une piste de réponse : on devient vraiment vieux quand on n'a plus de projets, de moteurs, d'oxygène. Utiliser la technologie pour donner des ouvertures, ouvrir ou accélérer des projets...
- Les territoires sont fortement touchés par la question du vieillissement, les prendre en compte dans le projet
- Un participant suggère de travailler avec certaines municipalités particulièrement âgées, comme vigies de l'avenir : Fontainebleau, Guéret, villes de la Côte d'azur...
Décrire rapidement le paysage au départ
Il sera important de décrire, dès le départ, le paysage dont on parle, en ne restant pas uniquement Français :
- Au point de vue démographique : âges, mais aussi itinéraires
- Tendances sociales, polarités : générationnelles, sociales, etc. - lesquelles se développent le plus ?
- Les demandes de services et de relations sont-elles les mêmes ? Les tendances en matière d'e-services répondent-elles à ces demandes ?
- Du point de vue des usages des technologies, avec certaines questions évidentes, d'autres moins :
- Quel usage, quel équipement TIC des seniors ?
- Qui prescrit, enseigne les technologies aux seniors ?
- Quand on vieillit, emporte-t-on ses technologies et ses usages avec soi, ou bien chaque tranche d'âge produit-elle ses propres pratiques ?
Quelques rebonds sur des projets et pratiques
- L'association Seniors et sens travaille sur l'adoucissement de la transition vers la retraite et l'effet de levier des technologies
- Le groupe Caisses d'Epargne a publié une étude sur les seniors, qui souligne notamment l'importance des aspects intergénérationnels, et la nécessité de segmenter par état et situation, autant ou plus que par âge. Rappel de la baseline CE : "Et si quelqu'un vous aidait à vivre mieux ?"
- Un participant constitue un réseau de "papys" ingénieurs et universitaires qui travailleront dans leurs domaines de spécialités respectifs à produire ou maintenir des pages Wikipedia