Réseaux sociaux vs. le monde associatif
D’abord, des questions... Comment les associations peuvent-ils exploiter au mieux les réseaux sociaux pour faire avancer leur mission ? Face à la multiplication des réseaux sociaux “gratuits”, qu’est-ce qu’une association peut-elle faire (doit-elle faire) pour fédérer les gens autour de sa mission et justifier encore le fait de faire payer ses adhérents ?
Ensuite, des précisions... Il existe évidemment de nombres types d’associations, du club amical sportif à l’association reconnue d’utilité publique, de l'association à but idéologique à l’association professionnelle. La nature, la finalité et les modalités de ces différentes types d’association ne sont pas les mêmes. Le débat ici s’est concentré autour de l’association professionnelle; c’est à dire un rassemblement de gens exerçant ou intéressés par un même métier pour des raisons de “réseautage,” recherche d’emploi ou de missions, par la formation et par la recherche et l’échange d’informations.
Enfin, des débuts de réponse...
D’abord, une “bonne” association professionnelle est un organisme qui “fait perdre le moins de temps possible” à ses adhérents. Peu importe que les informations, formations, et autres services fournies par l’association soient disponibles ailleurs, l’association peut apporter une grande valeur ajoutée en agrégeant, en triant, en filtrant ces informations et en les présentant à ses membres d’une manière facile à consommer. Mauvais exemple : Une association à envergure internationale, implantée en France mais qui ne propose des informations qu’en anglais.
Lorsqu’il s’agit d’une association professionnelle, les maîtres mots sont la confiance et la qualité. On va faire plus confiance à une information dénichée et partagée par un autre membre de l’association qu’une information glanée dans un moteur de recherche ou flux RSS quelconque. On peut facilement passer une journée entière à butiner sur le web, pour finalement dénicher que quelques informations pertinentes. Un ensemble de personnes qui partagent leurs trouvailles au sein de l’association (à l’aide de ces nouveaux outils de collaboration en ligne) fait gagner du temps à tout le monde.
Le fait de s’adhérer à une association (professionnelle) n’est pas un acte de charité ou de soutien d’une cause quelconque. L’adhérent recherche de la valeur. L’association doit être capable de proposer une valeur d’autant plus forte que le coût de l’adhésion soit élevé.
Rechercher la valeur dans des activités ou l’union fait la force, où le tout est plus grand que la somme des parties :
- Créer un annuaire de compétences, de services pour améliorer la visibilité des adhérents. Exploiter des services de type LinkedIn, Viadeo.
- Agréger des informations pertinentes, les catégoriser, les structurer, les rendre digeste. Faire des sélections raisonnées.
- Veille collective à l’aide des outils de collaboration en ligne. Exploiter des outils de type delicious, yoolink.fr.
- Fédérer les gens autour de projets communautaires - Mise en commun des compétences, création de contenus ou de services originaux.
- Faciliter les rencontres face à face - Bien que le Web et les réseaux sociaux en ligne permettent de créer des liens entre des gens dispersés, tout le monde s’accorde à dire que rien ne remplace encore le rencontre face à face. Rencontres entre membres, mais aussi entre membres et clients potentiels, recruteurs, étudiants/chercheurs.
Conclusion : Les réseaux sociaux et les outils de collaboration en ligne doivent être vus comme une formidable opportunité pour des associations et non pas comme une menace. L’association doit s’interroger sur sa mission et la valeur qu’elle est en mesure d’offrir ses membres.